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Longpont, lieu d’intérêt à l’échelle européenne
 
Par son ancien prieuré, à l’origine du bourg, Longpont fait partie de la Fédération des Sites Clunisiens. En octobre 2005, le Conseil de l’Europe a décerné aux sites de cette fédération, la mention de « Grand itinéraire culturel européen ». C’est donc à double titre que Longpont est reconnu au niveau européen, puisqu’il l’était déjà comme étape des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
 
L’histoire de Longpont, depuis ses origines, est très intimement liée à l’histoire spirituelle de cette région et d’un lieu en particulier: celui de l’actuelle basilique. Successivement temple gaulois, chapelle, église et basilique, cet édifice témoigne à lui seul, et par son rayonnement, de l’histoire locale et de la volonté des hommes de se placer sous la protection de Marie.
 
 
Les plus anciennes traces d’activité connues sont religieuses
 
Aux débuts de l’ère chrétienne, la région de Longpont était un pays de forêts profondes et de marécages. Une présence gallo-romaine a été constatée en plusieurs endroits alentour, entre l’Orge et la grande route gallo-romaine, qui reliait Paris à Orléans: Lutetia - Genobum. Une population de bûcherons occupait la région et exploitait la forêt, leurs guides spirituels étant, à cette époque, des druides. Sous un chêne sacré, ils auraient honoré une statue en bois, représentant une vierge qui devait enfanter (Virgini pariturae).
 
Au cours du IIIe siècle, Saint Denis, passant dans la région pour se rendre à Lutèce, aurait découvert cette pratique religieuse et fait le rapprochement avec les croyances chrétiennes. En effet, la Vierge Marie, qui a déjà mis au monde son enfant, est honorée par de nombreux peuples du monde chrétien grandissant. C’est ainsi que Saint-Denis est considéré comme ayant christianisé la région. Il laisse le soin à son disciple Saint Yon (ou Yonas) de continuer l’évangélisation et d’entretenir le culte. Celui-ci aurait élevé la chapelle Sainte-Marie au IIIe siècle, sur l’emplacement du chêne des druides (et, semble-t-il, d’un autel druidique), à l’emplacement même de l’actuelle Basilique.
 
Le nom de « Longpont » est postérieur à ces événements cultuels (mais est tout de même ancien de 1500 ans !). En effet, au Ve siècle, Grégoire de Tours rapporte que les descendants de Clovis se seraient battus au pont de l’Orge. Il y avait en effet un long pont qui aidait à franchir la rivière et les zones marécageuses, au bas de l’actuelle rue du Docteur Darier, au lieu-dit de « la Chaussée de Longpont ». Ce lieu s’appelait alors Longus Pontus, dont le nom a été conservé.
 
 
La période médiévale, sous le signe du château tout proche de Montlhéry
 
Vers 990, Thibault File Etoupe (forestier du Roi Robert le Pieux) construit un château sur la butte de Montlhéry, dont la première tour est en bois.
Son fils Guy 1er de Montlhéry, à l’instigation de son épouse Hodierne de Gometz, conçoit le projet de construire une église, à l’emplacement de la chapelle Sainte-Marie. Cette importante construction fait écho à la ferveur populaire grandissante, pour la Sainte-Vierge Marie. La première pierre est posée en 1031, en présence du roi Robert le Pieux.
 
Tout le village est en ébullition pour la construction de cette église tant attendue. Maçons, villageois et même Dame Hodierne (voir La légende), qui aide personnellement aux travaux. Cette grande activité permet aux hameaux des alentours de se développer durablement. Car la construction de ce grand édifice durera près de 150 ans.
 
En 1465 a lieu la Bataille de Montlhéry, entre les troupes dites « françaises », fidèles au roi Louis XI et celles de la Ligue du Bien Public dites « Bourguignonnes », qui lui dispute le pouvoir (voir La bataille).
 
 
Longpont, haut lieu de prière de l’ordre clunisien
 
Vers 1060, Dame Hodierne rencontre l’abbé Hugues de Cluny pour lui demander d’envoyer des religieux à Longpont. Il confiera à 22 moines le soin de créer cette communauté. Guy 1er et Hodierne de Gometz construisent, à leurs frais, un prieuré. Ce sera le premier monastère clunisien du Parisis. C’est-à-dire qu’il dépendait de l’Abbaye de Cluny, directement sous l’autorité du Pape. Ce prieuré, situé au sud de la basilique n’a malheureusement pas résisté aux actes anti-religieux de la révolution.
 
Les clunisiens avaient organisé des sites étapes pour les pèlerinages vers Saint-Jacques de Compostelle. Les pèlerins, partis de la Tour Saint-Jacques à Paris, trouvent à 6 lieux de là une halte au prieuré Sainte-Marie-de-Longpont avant de repartir vers Étampes, prochaine étape sur la « voie de Tours ». Les coquilles sur l’étole de l’apôtre Saint-Jacques sont toujours visibles au tympan du portail de la Basilique.
 
Elles datent du XIIIe siècle et témoignent de cette pratique, qui est aujourd’hui encore respectée par les pèlerins modernes. On peut comprendre la volonté des pèlerins d’alors et imaginer les termes de leurs prières, lorsqu’au début d’un si périlleux voyage, ils s’en remettaient à la protection de la Sainte-Vierge.
 
Entre 1227 et 1245, Saint-Louis, Blanche de Castille (sa mère) et Sainte-Isabelle (sa sœur) viennent prier à Longpont lorsqu’ils séjournent au château de Montlhéry. La tradition dit qu’ils empruntaient un souterrain allant du château à l’église.
 
Vers la fin du XVe siècle, Charles VIII et Anne de Bretagne participent à la restauration et à l’embellissement du portail.
 
 
L’église de Longpont malmenée... puis sauvée
 
En 1562, pendant les guerres de religion, les troupes protestantes du Prince de Condé, oncle du futur roi Henri IV, coupent les têtes aux statues du portail.
 
Au cours de la révolution, les moines fuient, l’église est pillée, et les cloches sont fondues. Laissée à l’abandon, l’église se dégrade au point que le 8 avril 1818, le Maire décide de la fermer pour éviter les accidents. Il est même question de la raser pour en reconstruire une plus petite, un peu lus loin dans la plaine. Mais le Général Barrois, habitant de Villiers-sur-Orge, la sauvera.
 
L’abside et le transept seront quand même abattus, puis reconstruits en 1878, grâce à la volonté de l’abbé Arthaud.
 
En 1901, le peintre Zbinden dessine la fresque de l’Église. Le motif, inspiré des origines de Longpont et de son histoire spirituelle, représente une vierge à l’enfant… au creux d’un chêne. Celle-ci peut être à nouveau admirée, après sa très récente restauration. Grâce au Chanoine Nicolas, curé de Longpont, le Pape Pie X érige l’église en Basilique en 1913, officialisant l’appellation populaire de « Notre-Dame-de-Bonne-Garde ».
 
 
La légende de la Croix Rouge Fer
 
Selon la légende, Hodierne de Gometz, châtelaine de Montlhéry et instigatrice de la création de la basilique, venait aider pour l’avancement des travaux de construction. Elle portait de l’eau pour les maçons.
 
Un jour, elle demanda au forgeron de lui fabriquer une barre pour transporter plus facilement les seaux d’eau. Mais celui-ci, possédé par le diable, lui a tendu une barre de fer encore rougie par le feu. Dame Hodierne la saisit pourtant sans se brûler. Le forgeron, quant à lui, mourut dans l’année et sa femme fit de même.
 
De cette barre, on fit une croix placée sur une colonne, vestige d’un temple dédié à Mercure. Celle-ci fut mise à l’angle du chemin de la Croix Rouge Fer et de la rue de Verdun. À l’occasion du 9e centenaire de la Basilique, en 1931, cette croix a été mise à l’intérieur de la Basilique.
 
Quelle interprétation exacte donner de cette légende ? Les détails connus des événements locaux de l’époque ne sont plus assez nombreux pour le dire. Mais la persistance de cette légende témoigne de la grande croyance entretenue au fil des siècles, en la puissance bienfaisante dispensée par Marie, sous la protection de laquelle Longpont est placé par ses habitants depuis ses origines. 
 
 
La bataille de Montlhéry - 16 juillet 1465
 
Les deux armées en présence sont en fait constituées des regroupements des troupes des différents seigneurs féodaux, certains associés à Charles le Téméraire dans la Ligue du Bien Public, d’autres fidèles au roi Louis XI. On estime à 36 000 le nombre d’hommes qui se battent ce jour-là.
 
La confluance de ces troupes les amène aux pieds du château de Montlhéry, important lieu de passage sur la voie majeure reliant Paris à Orléans. Le choc est terrible et environ 2 000 soldats perdent la vie dans cette seule journée. Les dignitaires ne sont pas épargnés, puisque parmi les morts, on compte le Sénéchal de Brézé et le Chevalier du Terrail, grand-père de Bayard.
 
La plaine de Montlhéry (au nord et a l’est du château) en garde longtemps le souvenir. Auparavant cultivée en bonnes céréales et pois généreux, cette plaine restera inculte pendant deux siècles. Aujourd’hui, la mémoire de ces événements est entretenue par les noms de lieux-dits (à Longpont: rue du Champ de Bataille, chemin du Cimetière des Bourguignons).
 
L’issue de la bataille est indécise, car si les troupes Bourguignonnes ont connu le plus de pertes, c’est l’armée fidèle au roi qui quitte le lieu du combat pendant la nuit. Est-ce une fuite ? En tout cas, c’est une sage décision car tout en épargnant ses forces, le roi réussit par la suite à unifier durablement son royaume. C’est ainsi que cette bataille est souvent considérée par les historiens comme la transition entre l’époque féodale et les temps modernes.
 
Pour toute information complémentaire sur l'histoire de la commune, vous pouvez contacter la Société Historique de Longpont (SHL).

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